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Attachement et liberté, du besoin aux désirs…

L’expérience est indispensable en relation humaine, elle mène à la maturité, à la connaissance de soi. Dans un rapport humain, on agit en fonction de son schéma parental et des comportements adaptatifs intégrés dans notre éducation comme étant la réalité.

Le schéma de sécurité primale, qui se référe à la petite enfance, montre une peur de l’abandon, de l’insécurité. On cherche à élucider un problème que l’on ne peut résourdre, un besoin instinctif de survivre sans conscience de ce besoin… On demande à l’autre une sécurité pour évacuer cette peur ancestrale. Cela implique un sentiment de dépendance vis à vis de la Mère nourricière pour répondre au besoin viscéral de survie.

Dans une relation d’adultes, le schéma « satisfaction de nos désirs » implique un besoin de l’autre mais pas une dépendance et amène un schéma parent-enfant par alternance mais avec toujours un dominant (le parent est un enfant caché qui demande beaucoup).
Le schéma de besoin est différent du schéma de désir car la fonction de besoin est inhérente au fonctionnement de la personne et s’arrête quand le besoin est comblé. Une mère qui couve trop son enfant va créer des besoins mais pas des désirs et donc des dépendances. On peut vivre si nos désirs ne sont pas satisfaits, on les cultive mais on ne peut pas vivre si nos besoins ne sont pas satisfaits, il y a une réelle domination de celui qui est soumis à ses besoins.
Trop de satisfactions des besoins annihilent l’émergence du désir, celui-ci vient du manque et amène la création, l’énergie, l’envie. La mère représente l’affectif tandis que le père représente la reconnaissance.

L’Adulte a des désirs, l’Enfant a des besoins au sein de sa tribu mais va assouvir ses désirs en dehors par instinct de sauvegarde qui l’empêche de désirer celui qui répond à ses besoins. Le désir disparaît lorsqu’il est assouvit mais réapparait rapidement, c’est un cycle qui s’anime en permanence. L’enfant doit passer du stade des besoins à celui des désirs sinon cela laisse supposer un schéma de castration qui provoquera des troubles chez l’adulte en devenir.
Le désir est une élaboration du parent qui fait l’apprentissage de l’enfant par frustration et interdit (éducation).
Le besoin ne fait pas émerger de pulsion, le désir, oui…

L’adolescent se positionne face au schéma parental par besoin de s’affirmer, besoin d’indépendance, prise de conscience de ce que l’on est par différenciation. La période adolescente est l’occasion de s’affirmer et donc, permet la création du désir, la recherche du Moi, l’identification à l’extérieur par refus de l’identification intérieure (la famille), cela mène à la recherche d’idéal, d’absolu. Par instinct grégaire, il va chercher une autre tribu que sa famille avant que, plus tard, il ne fonde sa propre tribu.
Le désir + l’idéal = sentiment à l’autre même s’il n’y a pas de retour car on s’identifie au sentiment que l’on a et pas à l’autre, l’important étant ce qui est ressenti. La survie n’est plus un problème, l’essentiel est son identification au travers de son sentiment, c’est l’identification narcissique.

La révolte adolescente est indispensable à la structuration, aux prémisses du Moi, il faut « tuer » les parents, c’est indispensable pour ne pas rester dépendant. Un adolescent qui saute cette étape ne pourra pas effectuer l’individuation et devra un jour franchir cette étape s’il veut entreprendre la structuration de son Moi.

Plus tard, la personne prend conscience de ses désirs et va partager ce qu’elle connaît. L’enfant comme l’adolescent qui commence son identification ne connaît pas ses désirs. Le début du choix implique la liberté, la délibération avec soi-même, choix + responsabilité = individuation.

But: être différent pour être libre mais par forcément faire le contraire; être créatif, inventif, quelque chose en plus de l’original sans trop s’en éloigner pour ne pas perdre ses références intérieures.
Etre dans une histoire choisie en toute responsabilité, quand on connaît sa problématique, on sait évoluer.
Le désir fleurit mais la possession flétrit toutes choses (Proust)

Faut-il donc oublier qui l’on est pour devenir quelqu’un ?

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L’éducation, exigence ou présence ?

Avant de devenir lui-même, un enfant est le prolongement de ses parents. Par son éducation, il s’imbibe de leurs attentes et de leurs craintes, de leurs défauts et de leurs projections.

Il se nourrit de tout cela pour devenir, mais si cet édifice parental n’est pas stable, pas structuré comment l’enfant pourrait-il se forger une identité stable et structurée ?
Les problèmes de l’enfant étant souvent les conséquences de son environnement, ne chercher à les résoudre qu’en se polarisant sur eux, c’est oublier les causes. C’est considérer que l’enfant est seul « responsable ».
Il est souvent difficile de voir la réalité de la situation telle qu’elle est. Cette vision de la réalité, aussi déstabilisante qu’elle soit, ne doit pas être considérée comme un jugement négatif, un échec mais simplement comme une situation, comme une information à prendre en considération pour que les choses puissent évoluer pour le bien de tous.
Il ne s’agit pas de stigmatiser tel ou tel mais juste de prendre conscience de ce qui se passe et que chacun puisse prendre sa place. Il s’agit que l’enfant puisse s’épanouir dans un climat apaisé et de confiance réciproque. Comme ses parents, l’enfant a besoin de se sentir soutenu et non jugé, il a besoin d’être considéré et non dévalorisé, il a besoin d’exister aux yeux de ses parents comme ses parents existent au travers son regard.

Il n’y a pas de cas difficile, il n’y a que des situations difficiles, des situations à pacifier.

éduquer un enfant

              quand l’enfant grandit…

Mêmes les parents les plus compréhensifs et les plus attentionnés peuvent envoyer des messages contradictoires à leurs enfants.
D’un côté, ils leur disent toute la bienveillance qui est la leur, il l’autorise à se tromper, à faire ses propres expériences, à tirer profit de ses erreurs. Par contre, au quotidien, ils s’interdisent à eux-mêmes toutes ces tolérances qu’ils voudraient autoriser à leur enfant ; Ils veulent et parfois, ils pensent devoir être parfaits, forts, indépendants, brillants, infaillibles. Que de pression !… mais où prend-elle sa source, quelle en est la motivation ?
L’enfant qui grandit par mimétisme, entend les autorisations verbales mais ressent les interdictions non verbales.
Il prend conscience de tous ces interdits que se fixent ses parents.
Cette prise de conscience s’impose au mental de l’enfant qui essaie en vain, d’enregistrer les messages permissifs délivrés par ses parents.

« Fais ce que je dis pas ce que je fais », mais « l’enfant devient ce qu’il ressent, pas ce qu’il entend »

L’éducation, ce n’est pas apprendre, c’est développer les capacités d’apprendre, de réfléchir, de ressentir. L’éducation offre la liberté de choisir ce qui nous convient et nul ne peut savoir ce que l’enfant fera plus tard, des situations qu’il vit aujourd’hui.
Cela veut dire qu’il n’y a pas une seule réponse valable, une seule bonne manière d’élever un enfant, cela veut dire que l’enfant fera sien, les ressources qu’il tirera de chaque expérience vécue.
Culpabiliser sur son incapacité à bien élever son enfant, c’est se projeter dans un avenir qui n’existe pas, c’est oublier que l’enfant se construit de tout ce qu’il vit, en intégrant ou en rejetant ses émotions, en se forgeant des réponses les mieux adaptées aux situations vécues.
Culpabiliser, c’est juger ses propres contradictions.

L’éducation est l’oeuvre de toute une vie et ne s’arrête pas à la sortie de l’école. « Apprends moi et tu seras » peux dire l’enfant à ses parents qui, jour après jour, perçoivent des parcelles sans cesse renouveler de leurs croyances, de leurs a priori.

Un jour, grâce à leurs enfants, les parents s’aperçoivent qu’eux-mêmes, ils sont devenus grands …

Les autres changent en même temps que notre regard sur eux …