« J’existe par l’autre » ou « j’existe pour l’autre » ?

Quand « j’existe par l’autre », j’attends d’être de la part de l’autre, je suis dépendant d’une autorisation, d’un signe, d’une reconnaissance qui me donne vie par ce lien avec l’autre.
Quand « j’existe pour l’autre », je m’autorise à être par moi-même, je peux donner et recevoir, être en relation avec l’autre en étant moi-même, sans dépendance.

Passer du lien à la relation implique d’exister indépendamment de l’autre, indépendamment de ce lien qui, s’il est rompu, réveille les peurs d’abandon et de rejet.

Etre en relation, c’est donner sans attendre et recevoir sans crainte. L’autre a le droit de refuser ce qui lui est donner sans que le sentiment de rejet puisse se manifester. L’autre a le droit de recevoir et de ne pas exprimer sa gratitude sans que le sentiment de non reconnaissance ne se manifeste.

Le niveau d’indépendance, et donc de dépendance, ne se mesure pas dans la joie de ce que vous recevez mais dans la douleur de ce que vous ne recevez pas.

La relation est faite d’échanges qui l’enrichissent des échos qu’ils induisent mais qui ne peut être affaiblie de l’absence de réponse à ce qui se produit.

Un enfant, qu’il ait été désiré ou non, existe et nul besoin d’autorisation pour cela. Quand ses besoins vitaux étaient de la responsabilité parentale, la pulsion de vie s’exprimait en tissant des liens de dépendances forts et la pulsion de mort se frayait un chemin dans les peurs qui s’enracinaient auxquelles il fallait s’adapter.

Devenu Adulte, l’enfant trouve sa propre responsabilité à être et combler ses besoins vitaux, quand il a pu dépasser ses peurs, en favorisant sa pulsion de vie dans sa relation à l’autre.
Quand les peurs sont trop fortes, il lui arrive de transmettre sa responsabilité à un substitut parental en maintenant un lien de dépendance et réagissant ainsi à ses pulsions de mort en cherchant Sa protection.

Où se trouve le besoin de l’autorisation parentale, le besoin de l’autre pour exister ?

« J’existe par l’autre », est une adaptation aux blessures en demandant la reconnaissance protectrice de l’autre.
« J’existe pour l’autre », est une affirmation d’exister par soi-même avant de partager les désirs pour et de l’autre.

en résumé, « JE SUIS (*) ET JE VIS MES DESIRS » …

*: du verbe « être » et non plus, « suivre » !…  😉