Un lieu chargé d’histoire, un feu ardent, une chaîne blanchie d’un âge certain et une chaleur vive qui se dégage de cette photo.

Le feu de notre histoireQuels symboles pouvons-nous y voir, l’histoire, notre histoire, le feu comme l’énergie de vie qui nous anime, les chaînes chargées du passé qui résistent à l’attaque du feu, de notre lutte pour être, pour exister sans le poids de notre histoire. Rapprochements simplistes, que j’apprécie malgré tout, et que mes ressentis cherchent à développer.

Ce feu lèche les chaînes, ces chaînes présentes, imposantes, massives qui blanchissent sous la chaleur mais ne perdent pas un gramme d’histoire, elles conservent tout le poids que nous leur avons accordé, année après année.

Malgré cette dépense d’énergie à vouloir fondre ces chaînes, le feu est là, bien présent, bien vivant et nous procure une chaleur douce et bienveillante. Il a accepté la présence de ces chaînes, il les chauffe et celles-ci lui rendent une chaleur encore plus intense. En effet, loin de se combattre, ces énergies ont fusionné pour augmenter leur capacité à nous réchauffer. Ces chaînes se chargent de l’énergie du feu et nous la restitue, petit à petit quand le brasier diminue. Elles se rechargent à nouveau quand les flammes redoublent de vigueur, quand le brasier se renforce.

Nous prenons alors conscience que l’énergie qui nous manquait n’était pas consommée par ces chaînes, ces relents de notre histoire, mais par notre lutte pour les faire disparaître. Peut-être devrions-nous transformer notre vision de ces symboles pour voir ces vestiges de notre construction comme des ressources dont nous pouvons profiter, ici, maintenant.

Ces chaînes sont présentes et malgré cela, le feu demeure, épanoui, vif, majestueux. Quand il a dépassé la volonté de lutter contre cet intrus, quand il l’a intégré à son fonctionnement, ce feu s’est révélé plus fort, plus fluide, plus présent, plus disponible, plus libéré.

Quand nous faisons une force des faiblesses que nous ressentions, notre énergie se décuple. Nous pouvons alors nous accorder le droit d’en user sans modération.

Alors, réchauffons-nous pleinement auprès de notre cheminée intérieure qui nous délivre cette chaleur épanouie, cette énergie qui nous anime.

Le feu brûle mais ne se consume pas

©2010 – Michel Schauving